CAHORS, LA RENAISSANCE D’UN GRAND VIGNOBLE

Il revient de loin ce vin noir de Cahors, ce vin puissant, pêchu, aux différentes typicités gourmandes. Il a bien failli disparaître !

Longue, belle et parfois sombre est son histoire : brimades des bordelais donnant la priorité à leurs barriques, débordements et crues d’enfer du Lot, éclipse totale du vignoble suite au désastre du phylloxéra… mais aussi vin préféré des Rois et des Tsars, puisqu’il a autrefois été point de mire et dégusté dans la cour des Grands.

Les Journées Internationales du Malbec
, à Cahors, en mai dernier, organisées pour la 3éme édition, redonnent du prestige au blason de ce mythique cépage, créent des rencontres, et une sorte de réhabilitation du vignoble en mettant à l’honneur cette liane originale : le Malbec, mais aussi un vignoble exceptionnel qui aujourd’hui se repositionne sur le plan mondial.

Oui, Cahors, est le siège d’un vignoble en mutation.

70000 hectares de vigne en 1860, aujourd’hui 6000 à peine ! Mais la malédiction semble lointaine, dépassée ; l’appellation joue à présent les divas avec une AOC reconnue en 1971, une bouteille élégante, spécifique pour recevoir les grands Malbec, et un verre à boire un tantinet « swing » avec son anneau de pied reconnaissable.
Aujourd’hui les meilleurs vins de Cahors ont déjà une reconnaissance internationale. Mais ce n’est pas suffisant.

Un paradis de l’oenotourisme

Le pays lotois et son magnifique vignoble ont tout pour être heureux : grande Histoire, nombreux châteaux, paysages d’une beauté exceptionnelle, gastronomie, micro-climats… le plus beau pont médiéval de France, le pont Valentré, un fleuve mythique, le Lot, à multiples méandres même s’il n’a pas toujours été un long fleuve tranquille.

La récente impulsion donnée au vignoble de Cahors fait entrer le tourisme dans une nouvelle phase.
Le « Réseau Accueil Vignerons du Lot » regroupant 49 vignerons, optimise une démarche collective d’accueil touristique dans les vignobles et la création d’un premier « Laboratoire européen dédié au Cépage » atteste que le Malbec cherche une véritable reconnaissance.

Malbec superstar ou Cahors superstar

L’un souligne l’originalité d’un terroir, l’autre souligne l’originalité d’un cépage.
Une bonne nouvelle : la lente reconquête des trois niveaux de terrasses géologiques issus des alluvions du Massif Central, se fait lentement, progressivement.
Plus l’élévation de la terrasse est importante, meilleur est le drainage au sol. Les vignerons ont un gros travail à effectuer à propos de cette reconquête des sols, surtout celle des parcelles situées en troisième terrasse qui donne les meilleurs vins.
Le choix de l’agriculture biologique ou de la biodynamie passe par la restauration de la vie microbienne des sols, l’abandon de techniques trop destructrices de leur vitalité ; rendre au sol son caractère vivant, ne pas se contenter de la facilité  c’est-à-dire éviter de cultiver la vigne dans les terres plates destinées aux melons et asperges, est une prise en compte récente de certains vignerons quercynois. Mais ils sont de plus en plus nombreux à faire ce choix.
Le « Black Paradox », le composé très tannique des vins de Cahors, ses effets antiseptiques et bénéfiques sur la digestion, aujourd’hui prouvés par les scientifiques, joue également en faveur du renouveau de ce cépage ancestral.

Le Malbec Andin

C’est aussi un enfant du vent ; il évolue au pied des Andes en Argentine à 1000 mètres d’altitude, à Mendoza mais aussi à Salta, à 2000 mètres d’altitude, ville située à 1200 kilomètres de Mendoza ; au Chili également, le Malbec se fraye lentement un chemin.
La débâcle provoquée par le phylloxéra, l’anéantissement du vignoble quercynois qui s’ensuivit, obligèrent les vignerons français à quitter leurs terres.
C’est avec l’arrivée d’un vigneron du Quercy dans la province de Mendoza, plantée au pied de la Cordillère des Andes, que fut apporté le Malbec.
Le Malbec du Piémont andin a un air de famille avec notre liane quercynoise, même si là bas, les sols sont irrigués, le milieu artificialisé, et que le difficile vent Zonda qui sèche et coiffe la vigne, a remplacé l’austère vent d’Autan.
Un Malbec andin, en vieilles vignes, de plus de 60 ans d’âge, au goût chocolaté, de la Collection Michel Rolland par exemple, offre un autre visage du Malbec : irremplaçable !
Comme sont irremplaçables les ténors du Cahors Malbec, Cahors du Lot ou Cahors du Causse, cultivés en 2ème, et 3ème terrasses.

Chef de rubrique Genevieve Guihard

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