Michel Bettane

Né en 1952 aux USA (Maryland), il arrive en France, à 6 ans, avec son père qui a quitté l'ambassade de France à Washington.
C'est celui-ci qui lui fera découvrir, aimer et respecter les bons vins.
Il étudie la musique mais passe son bac lettre et poursuit par l'agrégation à Normale Sup (1975).
Lecteur assidu de Gault Millau, en 1977, il suit les cours de Michel Dovaz à l'Académie du Vin, créée par Steven Spurrier (animations, dégustations publiques, visites des vignobles, marché international, etc.).
Toujours enseignant, jusqu'en 1991, il rencontre Chantal Lecouty en 1981 et devient alors "Monsieur Vin" de la Revue du Vin de France et le restera jusqu'en 2004.
Doté d'une mémoire exceptionnelle, lui-même va faire un effort considérable pour apprendre aux meilleures sources, il approfondit ses connaissances agro-oenologiques, goûte les vins jeunes pour comprendre les "primeurs" et les perspectives de leur avenir, leur caractère et comment ils ont été faits.
Ayant rencontré Thierry Desseauve aux Hospices de Beaune, il l'a présenté aux Lebrun (Chantal et Jean Claude) pour le poste de rédacteur en chef de leur revue. Depuis, le tandem Bettane-Desseauve s'est structuré et fonctionne à plein rendement.

Questions / réponses à Michel Bettane :
Journaliste du vin, quelle est la définition du métier? journaliste d'investigation ou / et enquêteur sur place ? je suis impressionné par Claude Dubois Millau (article de fond, supplément Gault Millau).

Où en est la presse viti-vinicole française?
Les journaux et revues anglo-saxones ont des tribunes libres, il faut élargir le champ de la communication du vin dans la presse française par des suppléments".

Pression de la publicité sur la presse du vin? c'est un choix comportemental des rédactions, la liberté de Jaques Dupont (Le Point) vient du fait qu'il n'y a pas de publicité possible pour le vin dans le Point, car elle coûte trop cher, le Point permet d'écrire sur le vin parce qu'il a compris que c'est une information qu'aiment ses lecteurs et qu'elle est fédératrice et conviviale.

Augmentation du "rendement" en Champagne ? en Champagne : un peu plus de rendement à la vigne n'est pas trop grave si on reste vigilant sur la sélection du coeur de pressée pour les grandes cuvées ! On a un peu plus de raisin mais on est plus sévère sur le pressurage. Sinon cette augmentation nuira à la qualité.

Et l'amitié
: Pédagogue qui adore son métier, il s'est battu pour garder son indépendance sans faire de consumérisme.
Aussi loin que je me souvienne, il s'est toujours investi dans une curiosité amoureuse du vin.
Intègre, je sais qu'il souhaite être utile au vin en général et aux vins français en particulier, en défendant la qualité de la production, laissant au vigneron la valeur essentielle de son intervention et pour la satisfaction du consommateur.
Rarissime : il n'a jamais écrit de publi-reportage.
Lorsqu'il présente un domaine ou un château, sa région, son terroir, ses vins, ses cuvées, ses millésimes, cela devient une chanson, une mélodie vineuse, qui berce l'oreille d'effluves et de sensations : il est le vin acteur dans le théâtre de la dégustation.
Et puis, je suis un peu, pour lui, un phénomène, mais aussi son "cher Roger". Mercredi 27 juin 2007 R. Clairet