Ternes 43
43 Ternes
Propriétaires : Olivier Bui et Arnaud Van Santen

43, avenue des Ternes
75017 Paris

Tél. : 01 43 80 19 28
Métro Ternes

Actualisé Juin 2005

 

Un reportage de Véronique Raisin

Ambiance : décontractée et jazzy
Terrasse : non
Espace non-fumeur : oui
Capacité : 100 (30 en bas, 70 à l'étage) Formules :22 euros (E+ P / P+D) et 28 euros (E+P+D)
Type de cuisine : traditionnelle contemporaine


On aime : Thierry Eliez au piano et au chant les jeudis, vendredis et samedis soirs, l'accueil très sympa et décontracté, le service attentionné.
On aurait aimé : un espace non-fumeur un peu moins à l'écart du piano...Les détails qui font la différence : les vins rouges servis suffisamment frais, le sel et le poivre en moulin, l'éclectisme chic de la vaisselle de chez Chomette Favor.

La façade discrète sur l'avenue ne retiendra pas forcément votre attention et pourtant il faut pousser la porte de ce tout nouveau restaurant piano-bar, ouvert en avril dernier. Car des concepts comme ça, on n'en fait plus, ou si peu...Et il serait dommage de passer à côté de la savoureuse cuisine d'Arnaud Van Santen, un ancien de Guy Savoy et de Jean Bardet, qui officie au piano, sans fausse note.

Pendant ce temps, à l'étage, dans la salle bordée de banquettes rouges façon brasserie 1900, un autre artiste, Thierry Eliez, s'est installé lui aussi au piano (à queue cette fois), et plaque ses accords de jazz, blues et soul selon son humeur ou les desiderata d'un public d'habitués : Armstrong, Ray Charles, Michel Legrand, Chopin même !...Des incontournables interprétés avec grâce et conviction, à l'image de la cuisine d'Arnaud.
Mais revenons au rez-de-chaussée.
Accueillis avec gentillesse et bonne humeur par Natan, l'ancien propriétaire de l'Auberge de Nicolas Flamel, installez-vous sur l'un des hauts tabourets du bar de Jean-Philippe, à côté du piano (droit), et sirotez tranquillement le "43", le cocktail emblématique du lieu à base de manzana, vodka, liqueurs de cerise et de gingembre, le tout accompagné de lamelles de pomme grany et de...fraises tagada ! Empruntez ensuite l'escalier dont les marches sont éclairées par de petites bougies, saluez la statue de Bouddha au passage, et prenez place - de préférence - sur les confortables banquettes de velours rouge.

La formule à 28 € est un très bon plan, celle à 22 € satisfera les moins téméraires, les portions étant généreuses. A la carte : compter 40 euros environ sans les vins
En entrée, des "nems vietnamiens" sans histoire, escortés de leurs éternelles feuilles de menthe mais aussi (était-ce indispensable ?) de deux c¤urs de laitue. Une compotée de caramel d'épices au foie gras et noisettes vient rehausser le classicisme de l'exercice, distillant des saveurs sucrées-salées chères à l'Orient (et à notre palais conquis). Le "mille-feuilles d'aubergines confites au chèvre frais, pancetta et grappe de tomates grillées" est net dans son exécution et rafraîchissant dans sa texture ; la pancetta craquante équilibre avantageusement le fondant de l'aubergine et les tomates tièdes. Si l'entrecôte grillée d'Amérique du Sud mériterait d'être plus tendre, la souris d'agneau confite au thym et citron s'en sort plutôt bien, contrastant joliment avec le jaune doré de la polenta aux fruits secs, à la texture crémeuse et au croquant bien vu. Côté poisson, on a le choix entre un thon rouge mi-cuit à la plancha et sa piperade de poivrons doux au piment d'Espelette, un filet de Saint-Pierre croustillant aux écorces d'agrumes ou un pavé de cabillaud au gingembre. Pour terminer, un financier aux pommes, glace à la cannelle parfaitement exécutée et sirop au rhum. Mais on pouvait aussi hésiter entre le classique mi-cuit au chocolat extra-bitter, le cappuccino de fruits exotiques accompagné d'un mousseux au lait de coco et de frites de banane plantain ou le millefeuilles à la pistache sorbet framboise. Ou simplement finir par une belle assiette de fromages affinés, de la Petite Ferme parisienne.

En salle, Olivier Bui, l'associé d'Arnaud, veille au service, efficace et attentif. Et pour ceux qui souhaiteraient prolonger la soirée, il leur faut revenir s'accouder au bar du rez-de-chaussée, pour un cognac VSOP ou XO (Hennessy) ou une liqueur de poire ou de framboise de chez Brana (15 €).

Les vins : Saluons d'abord l'éclectisme de la carte, composée par Arnaud, puisque les principaux vignobles français sont représentés, hormis l'Alsace, ce qui est regrettable, et dans une moindre mesure le Jura et la Savoie.
C'est donc encore un peu court, malgré les 400 bouteilles encavées, avec juste deux références pour le Sud-Ouest et la Corse, quatre pour la Vallée du Rhône et cinq bordeaux seulement. Mais ce n'est qu'un début et le soin de la sélection laisse augurer de belles découvertes à venir. Les vins étrangers devraient aussi faire leur apparition d'ici quelques temps. C'est donc avec impatience que l'on attend les nouvelles (re)crues, d'autant que la cuisine d'Arnaud mérite d'être bien accompagnée !
Vin au verre : le choix est là aussi encore restreint (2 rouges, 2 blancs et un rosé) mais il a le mérite d'exister.
En bouteille, l'incontournable (et très bon) VDP Côtes de Gascogne du domaine du Tariquet 2003 ouvre le bal à 18 euros, le Pommard 1er cru 2001 les Fremiers de Lucien Boillot 2001 le refermant à 118 euros.
Entre les deux, citons le très surprenant VDP Foncaude des Coteaux de Sériège 2003 cuvée C54, d'une robe noire étonnante et aux tannins bien fondus (20€), la cuvée âmilie du domaine d'Antugnac 2004, VDP d'Oc (19€), très rond en bouche et marqué par des notes d'amande, le superbe Minervois Viognier 2003 du château Russol Gardey, aux arômes de fruits confits et de pâte de coing (22€), dont le moelleux s'accorde parfaitement sur le dessert, le Minervois Plaisir des Lys 2002 du Domaine Khalkhal Pamiès (21€), l'Irouléguy de chez Brana (51€), le Sancerre de Fournier (34€), le Pouilly-Fumé de Dagueneau, un grand classique (49€), le Chardonnay 2003 de Jean-Paul Brun (26€) ou le Côtes du Roussillon 2003 Notre Terre de Mas Amiel (30€).
Le domaine de l'Hortus annoncé ne figurait pas sur la liste.
Quelques champagnes de chez Duval Leroy ou Laurent Perrier, pas forcément du meilleur rapport qualité/prix (on démarre à 55█ avec le Duval Leroy Brut).

En conclusion, une adresse à noter sur vos tablettes, et qui méritera d'être revisitée d'ici quelques temps.

Ouvert tous les jours de midi à 2h00
Fermé les samedis, dimanches et lundis au déjeuner
Service voiturier le soir du mercredi au samedi